Amazon répond à Walmart avec 2 000 magasins physiques

Cela ne concernerait, du moins dans un premier temps, que le service de livraison de produits alimentaires du e-commerçant, Amazon Fresh, et seulement le territoire Nord Américain.
Cette information provient du magazine Business Insider : Amazon prévoirait d’ouvrir 20 magasins alimentaires d’ici 2018 puis 2 000 d’ici 2026.
L’expérimentation serait au coeur de ce déploiement avec plusieurs versions de magasins au démarrage du programme.
Du click and collect bien sûr mais seraient également prévues des propositions dédiées aux client Amazon Prime.
Le retail physique est donc au coeur des préoccupations et des ambitions de la firme de Seattle qui a déjà ouvert une librairie physique et développe un réseau de pop-up stores au sein de centres commerciaux pour une mise en avant de produits high-tech.
Il ne me semble pas inintéressant de remarquer que cette « fuite » relayée par Business Insider intervient après l’annonce par Walmart, le 5 octobre dernier, de son intention de devenir l’e-marchand numéro un aux Etats-Unis.
Doug McMillon,, CEO de Walmart, avait alors annoncé clairement la couleur : « Walmart va davantage ressembler à une entreprise d’e-commerce. Nos clients veulent une expérience sans coutures […] et nous devons développer cette activité pour être encore là dans le futur » (cité par LSA dans son n° du 20 octobre).
Walmart muscle son offre, passant au cours de ces 6 derniers mois de 7 à 15 millions d’articles disponibles sur son site de e-commerce. Avec une progression annoncée, toujours par Doug McMillon, de 1 million de nouveaux produits en ligne chaque mois. Il prévoit ainsi une progression de 20 à 30% de ses ventes en ligne au cours du second semestre 2016, un taux de croissance devant être tenu au cours de ces prochaines années.
McMillon espère ainsi rattraper son retard face à Amazon qui en 2015 avait un CA de 107 Mds$ alors que Walmart n’atteignait « que » 14 Mds$. 
Pour ce faire Walmart investit dans le e-commerce : de 300 M$ en 2013 à 1,1 Mds$ cette année pour un total de 3 Mds$ d’ici fin 2017. 
Hors acquisitions. 
Car la pièce maîtresse de McMillon réside sans doute dans l’achat de jet.com au mois d’août. Un achat à 3 Mds$.
L’intérêt de cette acquisition est, à mon sens, tout d’abord d’ordre culturel. Si Walmart veut réussir dans le e-commerce il est nécessaire que le distributeur ne raisonne plus en silos selon un timing et les KPI d’un retailer classique. Il est également impératif qu’il mette en cause les formats de ses magasins actuels – rappelons-nous que les plus innovants dans le retail physique n’ont pas été les retailers mais bien de nouveaux entrants, qu’ils soient industriels (Apple, Nespresso) ou.. Pure Players (Waby Parker). Car c’est bien eux qui sont allés au-delà du bien triste concept du digital store bardé de tablettes et d’écrans inutiles.
L’intérêt de cette acquisition pour Walmart est également lié au fait que jet.com apporte à Walmart une clientèle complémentaire : celle des Millenials citadins.
Enfin McMillon peut compter sur la pugnacité du fondateur et toujours patron de jet.com (et maintenant de l’ensemble de l’activité e-commerce de Walmart), Mark Lore, qui a une dent toute personnelle contre Jeff Bezos. Et Mark Lore est un tout bon, son parcours le prouve amplement.
Au-delà de ce combat de titans que nous allons suivre avec gourmandise est affirmée avec force une réalité, délicieusement exprimée par Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal : « le e-commerce n’est pas la cerise sur le gâteau mais le nouveau gâteau« .
Car tandis qu’il investit fortement dans le e-commerce, Walmart réduit drastiquement son nombre d’ouvertures de magasins physiques, passant de 230 en 2015 à 55 pour 2017. 
Le coeur du réacteur est bien le e-commerce.
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