Bousculer les rentes de la génération 68 grâce au e-commerce ?

L’une de mes émissions radiophoniques préférées est « l’esprit public », débat dominical mené par Philippe Meyer sur France Culture.
C’est une émission que je podcaste, ce qui me permet de l’écouter sur le chemin du bureau.
Celle de dimanche dernier m’a semblé particulièrement intéressante: elle portait sur la mobilité sociale et avait pour invité le sociologue Louis Chauvel.
Pour vous faire saliver (ou vous faire quitter ce blog !), voici une retranscription de la partie introductive :

« Dans les années 1970, l’écart de revenu moyen entre les trentenaires et les quinquagénaires était de 15% ; il est aujourd’hui de 40%.
A la même période, 70% des jeunes quittant l’école avec le baccalauréat devenaient cadres, contre environ 25% aujourd’hui.
Enfin, d’après une étude datant de 2004, 60% des Français se déclarent optimistes pour leur propre avenir, mais seuls 34% d’entre eux le sont pour l’avenir de leurs enfants.

Toutes ces données statistiques tendent à conforter l’idée que, selon une formule consacrée par l’usage, « l’ascenseur social est en panne ».

C’est pour parler de cette notion d’ascenseur social, ou plus exactement de son équivalent scientifique, la mobilité sociale, que nous vous avons invité, Louis Chauvel. Vous êtes sociologue, chercheur à l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE), et Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. La notion de mobilité sociale est au cœur de votre recherche, et vous l’étudiez notamment sous l’angle générationnel, en vous intéressant au changement de position dans la hiérarchie d’une génération à l’autre. Selon vous, la France souffre d’une « fracture générationnelle » due au fait que « l’ajustement du système économique et social à la longue période de stagnation qui dure depuis trente ans s’est fait au détriment des nouveaux entrants » et que « la France a sacrifié ses jeunes pour conserver son modèle social qui profite essentiellement au baby boomers ». Pour prendre un exemple concret, un jeune aujourd’hui doit avoir beaucoup plus de diplômes que son père (ou que son grand-père) pour pouvoir occuper la même place dans la hiérarchie sociale.Vous critiquez la politique scolaire menée depuis une cinquantaine d’années, en développant l’idée de démographisation. Selon vous, on ne s’est occupé que d’accroître les effectifs de l’école, sans en rehausser en conséquence les moyens financiers, organisationnels et pédagogiques, et surtout sans en repenser la vocation. Vous considérez que l’école néglige sa vocation de diffusion du savoir, et plus encore sa mission civique de socialisation, au détriment de sa finalité sociale de sélection et de classement.

Comment expliquer que le maintien – voire le retour – des classes sociales dont vous parlez ne s’accompagne pas d’un regain de la conscience de classe, qui tend au contraire à se déliter ?

Pourquoi des pays ayant connu des évolutions démographiques et économiques comparables aux nôtres depuis cinquante ans ne connaissent-ils pas une semblable fracture générationnelle, au point que, comme vous le dîtes, « les meilleures chances de mobilité sociale ascendante semblent se trouver à l’étranger » ? »

Quelques données collectées par ailleurs lors de cette émission :
– il existe une proportion plus faible d’enfants d’ouvriers à Polytechnique aujourd’hui qu’en 1900.
– Si en 1981 il y avait 1 député de 40 ans pour 1 de 60 ans, en 2007, il y en a 4 de 60 ans pour 1 de 40.

Bon, je m’arrête là.

La confiscation de la richesse de la Nation par la génération née entre 45 et 55 est un fait et l’optique générationnelle proposée par Louis Chauvel me semble pertinente.

Bien sûr, la génération sacrifiée actuelle n’est pas comparable à celle de 1894, qui a été impliquée dans 2 guerres mondiales.

Ayant bâti des rentes, la « génération 68 » s’accroche au pouvoir politique et économique et reste, comme à son habitude, donneuse de leçons, tout en verrouillant la transmission de ses actifs à ses « héritiers ».

Et le E-commerce là-dedans me diriez vous ?

Le E-commerce en particulier, et Internet en général, sont une rupture. Cette rupture est non seulement économique mais a également une portée plus vaste, que je qualifierais de politique (vie de la cité).
Or qui dit rupture dit changement de paradigme et ceci représente une opportunité pour la génération « post 68 » : le e-commerce est un espace d’opportunités, donc de liberté.
Mais il ne peut se faire que CONTRE les modèles économiques existants, sclérosés, porteurs de rentes.
Si à Nomatica nous avions écouté nos ainés, jamais nous n’aurions eu une politique agressive au niveau tarifaire : une situation figée l’est toujours au bénéfice des acteurs en place.
Pour entrer sur un marché il ne FAUT pas jouer selon les règles du jeu établies. Car par qui ont-elles été établies, si ce n’est par ceux qui en tirent profit ? et vont-ils vous laisser gentiment une part de leur gâteau ? Parce que c’est vous ?
L’analyse stratégique des 5 forces de Michael Porter est basée sur les rapports de force, il ne faut jamais l’oublier.
Le E-commerce est une formidable opportunité pour changer la donne car elle est une rupture que la génération des baby-boomers ne réussit pas, dans son immense majorité, à appréhender.

Internet est l’opportunité d’une génération, dans le cadre d’une France sclérosée par ses rentiers de tout ordre.

Je vous invite maintenant à utiliser ce prisme pour décrypter l’actualité d’Internet et du e-commerce. Par exemple les déboires d’Amazon sur le prix unique du livre…

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