Référencement naturel et e-commerce : une servitude volontaire à Google ?

Le discours de la servitude volontaire de La Boétie nous interroge sur notre volonté de liberté : ne préférons-nous pas le confort de la servitude au risque de la liberté ?
Le mythe du référencement naturel dans le monde du e-commerce n’a évidemment pas la même portée que l’écrit de La Boétie. 
Mais il me semble engendré par une attitude similaire.
Reprenons le postulat de base, que j’ai eu l’occasion d’exprimer dans bien des conférences ainsi que dans le VADOR (vous savez, le livre sur le e-commerce :-)) :

 » Il existe un mythe du référencement naturel. La preuve : lors des conférences que nous animons sur le e-commerce, c’est toujours celles qui sont les plus remplies. Et je ne parle pas des livres, blogs et autres forums qui lui sont dédiés.
Ce mythe est celui de la gratuité. Or il n’existe rien de gratuit en ce bas monde… (there’s no free lunch).
Ne vous méprenez pas sur nos propos, le référencement naturel est un axe important pour votre visibilité. Mais il n’y a rien de magique sur le sujet. Il y a juste des techniques de base, qui, bien appliquées, peuvent, peut être et suite à de grands efforts et/ou de grands investissements, vous permettre d’être positionné en 1ère page/1ère position sur une requête intéressant votre business.
Mais tout cela n’a rien de gratuit et est plutôt aléatoire. Il y a sûrement des choses bien plus efficaces et moins risquées à mener… avant de se consacrer corps et âme au référencement naturel. « 
Mais à la réflexion cela va sans doute plus loin, d’où ma référence à La Boétie.



Nous, e-commerçants, sommes fascinés par le Moloch qui avale nos marges et dont nous sommes si dépendants pour nos flux.
Ce Moloch, aux contours rendus indistincts par le brouillard magique de son algorithme, nous fascine. Par sa puissance, par le masque du sourire qu’il porte sur sa gueule avide.
Et nous  nous complaisons dans la servitude qu’il nous impose – que nous nous imposons. Heureux de lui offrir nos marges en offrandes.
Et nous écoutons, fascinés, ses prêtres, encore plus asservis que nous car encore plus dépendants de Lui.
Tels ceux de l’antique Delphes ils nous interprètent les oracles de la Pythie (j’ai cité Matt Cutts) dont, pas plus que l’assistance, ils ne comprennent mot.
Face contre terre devant Lui, n’osant porter un regard vers Sa face, ils attendent que quelques miettes tombent de Sa gueule :

Mais tout a une fin. 
Même pour les plus grands.
Voyez ATARI.


Alors, amis e-commerçant, montez sur les barricades pour abattre Moloch : aimez vos clients, travaillez vos fichiers et dénoncez des mails tels que celui-ci :

Et, tant que vous y êtes, n’allez plus aux conférences traitant du référencement naturel.

PS : Vous l’avez remarqué, j’utilise pour ce Blog un outil Google: Blogger…. Merci Moloch !
PS 2 : Je vous l’accorde, l’emphase biblico-greco-renaissance du vendredi matin n’est pas du meilleur goût. Mais l’un de mes livres préférés est Salambô de Flaubert (et de Druillet). On se refait pas – surtout à mon âge ! Votre mansuétude est humblement demandée. Et puis je suis trop agacé pour revenir sur ce texte suite à relecture.
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